Espèces animales invasives (suite)

 Voilà un exemple d’introduction volontaire, strictement pour l’agrément.

En 1968, un particulier importe des Etats Unis, une dizaine d’exemplaires de

Grenouille Taureau

(Rana catesbeiana)

pour agrémenter un petit étang dans sa proprièté, près de Bordeaux.

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Cette grenouille est impressionnante :

– par sa taille (15 à 20 cm), et jusqu’à 40 cm en extension, pendant les sauts.

– par son poids (600 g en moyenne).

– par ses couleurs : brun, vert olive doré.

– par la longueur de ses tétards (jusqu’à 15 cm).

– par le cri des mâles, qui ressemble au beuglement des taureaux.


Mais voilà, elle est aussi impressionnante dans sa reproduction :

– 2 pontes par an, jusqu’à 20000 œufs par ponte.


L’invasion 

Au bout de quelques années, des grenouilles se sont échappées et ont colonisé les espaces d’eau voisins, fuyant ainsi la surpopulation de leur étang d’origine.

Cette espèce fait preuve d’une grande capacité à s’adapter à son nouveau milieu, mais aussi, à se déplacer dans d’autres régions, en utilisant les cours d’eau.


Aujourd’hui

Elle a envahi toutes les zones humides de la région Aquitaine.

La grenouille taureau est aujourd’hui, présente en Camargue.


Problème

C’est un gros prédateur.

Elle mange tout ce qu’elle peut capturer : poissons, alevins, tétards, petites grenouilles, poussins d’oiseaux aquatiques, écrevisses, libellules… et même des tétards de son espèce…

Ses tétards se nourrissent d’œufs de poissons ou d’autres tétards.

A ce rythme, elle a vite fait de rompre l’équilibre naturel de nos zones humides.

De plus, elle met en danger les espèces natives de batraciens et autres poissons.


***

Seul moyen trouvé pour s’en dévarrasser : la capture (grenouilles ou tétards) et l’élimination.

Son importation est interdite dans tous les pays européens.

On aurait pû introduire un prédateur naturel (poissons carnassiers)…

Mais le remède est quelquefois plus terrible que le mal…

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Exemple d’introduction volontaire pour le commerce alimentaire

L’écrevisse de Louisiane

(Procambarus clarkii) 

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Originaire de Louisiane, elle est très appréciée aux Etats Unis et au Canada.

Elle a été introduite en Europe, pour l’élevage à des fins alimentaires.


– Elle est grande (12 cm de long), et possède de grandes pinces,

– La femelle adulte peut pondre toute l’année, jusqu’à 500 œufs à chaque ponte.

– Écrevisse d’eau douce, elle peut supporter des eaux à forte salinité.

– Elle est très résistante à la sécheresse ou au gel, s’interrant dans le sol en cas de mauvaises conditions climatiques.


L’invasion

Échappée des élevages, perdue lors de transport, ou imprudence des pêcheurs qui l’utilisaient comme appât, les causes de son invasion sont nombreuses.


Aujourd’hui

En France, elle colonise tous les marais du bord de la Garonne et du Poitou-Charentes.

Elle est présente en Camargue.


Problème

Elle est carnassière : elle se nourrit de tétards, d’escargots, de petits poissons,

alimentation habituelle des oiseaux aquatiques tels que les canards, qui préfèrent changer de plan d’eau. 

Par son activité débordante, elle déracine la végétation aquatique, même dans les rizières.

Comme le ragondin, elle creuse des galeries sous les berges et dans les digues, les fragilisant en cas de crues.

***

En France, tous les transports d’écrevisses vivantes sont interdits.

Son utilisation comme appât est très controlée.

Beaucoup de restaurants l’ont mise à leur menu .

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Exemple d’introduction volontaire pour la défense de l’homme contre un autre animal

(lutte biologique)

 Le Gambusia

(Gambusia affinis)

 

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Originaire des Etats Unis,

ce petit poisson (pas plus gros qu’un tétard),

a été introduit dans les pays chauds, pour lutter contre la prolifération des moustiques, transmettant le paludisme.

Toujours pour se débarrasser des moustiques,

il a été ensuite importé dans le sud de la France, surtout dans les marais de Camargue.

Il a été commercialisé, afin que les particuliers puissent en placer dans leurs bassins.

(chose très recommandée par l’organisme chargé de la lutte contre les moustiques)

 

L’invasion

Malgré la présence de prédateurs naturels (oiseaux aquatiques, tortues), sa facilité de reproduction est telle, qu’il envahit toute la Camargue.


Problème

Il est très résistant, très agressif avec les autres poissons, et s’il se nourrit principalement de larves de moustiques, il dévore aussi des œufs d’autres poissons.


Aujourd’hui

S’il n’est pas considéré en France, comme une espèce invasive, il l’est aux Etats Unis.

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Heureusement, toutes les espèces introduites ne s’adaptent pas de cette manière,

à leurs nouvelles conditions de vie.

 Elles ne sont pas classées « invasives », car elles ne menacent pas le milieu naturel qui les a accueillies.



Les espèces animales invasives

Oui, l’homme est le principal perturbateur de l’équilibre de la nature.


A chaque découverte de nouveaux territoires, ils ont amené leurs animaux familiers, sans se soucier des éventuelles conséquences.

Ils ont introduit ainsi des espèces animales :

– pour se nourrir,

– pour se défendre,

– pour se déplacer,

– pour faire du commerce,

– ou plus simplement, pour leur plaisir.


 Histoire des dromadaires australiens :


Lors de la découverte de l’Australie, les explorateurs ont dû traverser le désert central.

Leurs chevaux n’ont pas résisté à la chaleur et à la sécheresse.

Ces européens ont eu l’idée d’importer des dromadaires d’Afghanistan.

Au début, tout a bien fonctionné.

Mais quand les voitures et surtout les avions ont été inventés, les dromadaires ont été abandonnés dans le désert.

Ils se sont très bien adaptés, et reproduits en grand nombre.

Problème :

Bien que frugal, le dromadaire dévore la végétation (déjà maigre) du désert, facilitant l’érosion et gènant la nidification des oiseaux.

***

Le gouvernement australien ne sait plus comment s’en débarrasser : dons aux zoos, extermination par tir au fusil, vente pour la viande …

 

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En Australie, on voit des dromadaires couchés au bord de la route, comme on voit des vaches dans le Massif Central.

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Histoire de la Tortue de Floride

Voilà un exemple, plus récent, d’une introduction volontaire à usage commercial.

Cette tortue qui vit naturellement dans les marécages de Floride (Etats Unis), a été introduite en France, comme animal de compagnie.

La jeune (et jolie) tortue, ne mesurant pas plus de 5 cm, a eu un succés fou auprès des enfants et des parents insouciants.

Mais, la tortue de Floride grandit très vite, jusqu’à 40 cm et devient très agressive.

Devant le danger, de nombreux propriétaires les ont relachées dans la nature.

Elle s’est adaptée dans la moitié sud de la France, et surtout dans les zones humides autour du bassin méditerranéen.

Problème :

La Tortue de Floride est très vorace et omnivore : alevins, tétards, grenouilles, escargots, sont à son menu, et disparaissent peu à peu des marécages.

Elle est en concurrence avec notre tortue d’origine : la Cistude d’Europe, présente en Camargue, et qui est une espèce protégée en France.

Si vous trouvez une tortue de Floride, au bord du Gardon (il y en a !) , soyez prudents, son cou très long qui sort de la carapace, lui permet « d’atteindre l’ennemi » très loin, et sa morsure est très douloureuse.

***

Demandez conseil à votre vétérinaire, qui connaîtra un centre d’accueil .

Son commerce est interdit en France depuis les années 1990 .

 

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Photo prise au Brésil-région d’Iguazu

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Une histoire de fourrure

Voilà un autre exemple, d’introduction d’espèces, à la fois pour le commerce et pour le plaisir…

Au XIXème siècle, la fourrure était très à la mode.

Certains éleveurs importèrent d’Amérique du Sud, un animal à très belle fourrure :

le Ragondin 

La mode est passée, les ragondins sont restés.

Tous les ragondins présents en Europe proviennent d’individus évadés ou relâchés volontairement.

C’est un animal qui aime les milieux aquatiques, d’eau douce ou saumâtre.

En France, il occupe un grand nombre de zones humides, et ayant perdu ses prédateurs naturels (les caïmans), il envahit les marais.

Près de chez nous, il est présent en Camargue.

Problèmes :

Le ragondin creuse son terrier (jusqu’à 7m de long) dans les berges et les digues, ce qui les fragilise, les déstabilise, et favorise leur érosion. 

Il accentue ainsi leur fragilité en cas de crue.

De plus le ragondin est herbivore et fait quelques dégâts dans les rizières.

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305 ragondins ont été capturés dans le Gard pendant la saison 2009/2010.

 

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Photo prise en Camargue

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Il y a bien d’autres cas :

je vous en parlerais demain . 



Frelon asiatique (suite)

Les espèces invasives

Définition :

Une espèce invasive est une espèce vivante exotique, introduite accidentellement ou volontairement, dans un autre milieu naturel, et qui devient un élément perturbateur nuisible jusqu’à rompre l’équilibre des écosystèmes naturels de ce nouveau milieu.

 Les phénomènes d’invasion biologique sont aujourd’hui considérés par l’ONU comme une des grandes causes de régression de la biodiversité


C’est le cas du Frelon asiatique:

– Il est arrivé d’Asie,

– Il a été introduit en France accidentellement dans des poteries chinoises,

– Il s’est très bien adapté à notre milieu,

– En détruisant les abeilles, (grandes pollinisatrices), il perturbe notre écosystème.

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Autres introductions accidentelles :


– Le Doryphore :

– originaire de Etats Unis,

– arrivé en France, dans une livraison de pommes de terre destinées à l’armée américaine.

– On sait les dégâts qu’il peut occasionner à une plantation de pommes de terre.

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– Le Phylloxéra :

– Encore un insecte ravageur, originaire des Etats Unis,

– Arrivé en France dans des pieds de vigne, importés par des pépiniéristes.

– Première apparition en France, à Pujaut (près de chez nous) en 1863.

– Cette sorte de puceron a anéanti le vignoble français.

– Il a fallu une trentaine d’années pour s’en débarrasser…

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– Le poisson-lion ou Rascasse volante (Pterois volitans)

 

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Photo : aquarium de Townsville-Queensland-Australie    

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– Originaire du Pacifique et de l’Océan indien.

– C’est le poisson le plus recherché pour les aquariums, à cause de sa beauté.

– Echappé accidentellement lors de la destruction d’un aquarium en Floride par le passage d’un cyclone.

– Arrivé dans les eaux des Antilles françaises, début 2011.

– N’ayant aucun prédateur naturel dans ces eaux, il se multiplie rapidement.

(la femelle pond des milliers d’œufs tous les 4 jours)

– Il a un féroce appétit : poissons, crevettes, crabes …

– Il est venimeux 

 

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Les autorités de la Guadeloupe ont déjà réagi, car le poisson-lion fait peser plusieurs menaces, dans la Mer des Caraïbes :

 

Problèmes sanitaires :

 * sa piqûre est très douloureuse

Problèmes économiques :

* Pour la pèche : il mange tous les poissons.

* Pour le tourisme : sa piqûre peut provoquer des accidents de plongée et rendre méfiants certains baigneurs.

Problèmes d’environnement :

* sa prolifération menace les espèces locales.

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 le Papillon des palmiers (Paysandisia archon) 

(Extrait de mon article du 15/07/2011) 

 

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 Le Paysandisia archon nous vient d’Argentine, introduit, en Espagne, par l’importation de palmiers, prelevés dans la nature .

La contamination a été rapide, et a touché tout le pourtour méditerranéen.

En France, la mode des palmiers dans les villes et même chez les particuliers, a permis au Paysandisia de se développer facilement. 

Le processus est simple : le papillon pond, les larves se développent au détriment du cœur du palmier, elles se transforment en cocons qui donneront de nouveaux papillons.

Le palmier attaqué meurt rapidement.

 

Pour info, une photo de l’INRA

 

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 Remarquez la grosseur de la larve.

 

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 Il y a bien d’autres exemples d’introduction accidentelle d’espèces .

Elles ont lieu presque toujours, lors d’échanges commerciaux :

 

– Présence de larves ou d’œufs d’insectes dans les plantes importées par des pépinièristes,

 – mais aussi, œufs de grenouilles ou de poissons dans des plantes pour aquarium,

– Coquillages accrochés aux coques des bateaux,

– Insectes dans l’importation de bois exotique,

– Moustiques dans les avions …


Mais les plus dévastatrices sont les importations volontaires faites par l’homme.


A suivre …

 

 

Un sauvetage

Un bruit sec sur la terrasse …

Un petit rouge-gorge vient de s’écraser sur notre baie vitrée … 

Nous le récupérons rapidement, car le choc avait réveillé nos chats qui dormaient dans leur panier…

Il est assommé, mais pas blessé.

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Réchauffé, caressé, il finit par se réveiller.

Il est temps de lui rendre sa liberté.

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Trois minutes de réadaptation, et le voilà reparti pour de nouvelles aventures.

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le Rouge-gorge (Erithacus rubecula)

– Petit passereau (14 cm de long/20 g) très commun en France.

– Son plumage est brun gris à reflets verdâtres, sauf sur le ventre de couleur blanche et sur le front et le poitrail d’un beau roux orangé.

– Il construit son nid dans les sous-bois, au pied d’un arbre, caché dans les feuilles mortes, mais aussi, dans un abri de jardin.

– Il pond 4 à 5 œufs en Mars/ Avril.

– Dès les premiers froids, il se rapproche des maisons, en quête de quelques miettes de pain, ou d’une mangeoire, installée dans un jardin.

– C’est donc à cette période, qu’il est le plus facile à observer.

 

A vos jumelles !

 

 

 

 

Avis de recherche

 

Il y a déjà trois ans, un apiculteur de Fournès, nous avait avertis de l’arrivée sur le territoire français du frelon asiatique .

A cette époque, j’avais fait un article dans le bulletin de la Société de Protection de la Nature du Gard.

Mais ce frelon était arrivé en région Aquitaine, et cela semblait bien loin de nous…

Il y a deux ans, on l’avait aperçu dans les Pyrénées Orientales.

En 2011, son aire d’action va de la Bretagne au Gard, en passant par tout l’ouest de la France.

 

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(Carte diffusée par le Museum d’Histoire Naturelle)

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Qui est-il ?

Frelon asiatique (Vespa velutina)

– Il est grand, jusqu’à 3cm de long.

– Sa face est orange foncé.

– Le bout de ses pattes est jaune.

– Le thorax est noir

– Le dernier segment de son abdomen porte une large bande jaune orangé.

– Il construit son nid dans les arbres : celui-ci mesure 40 à 60 cm de diamètre.

– La colonie peut contenir jusqu’à 1800 frelons.

– Il se nourrit d’insectes.

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D’où vient-il ?

Probablement, importé accidentellement dans des poteries chinoises.

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Pourquoi est-il dangereux ?

– Il n’est pas plus agressif pour l’homme que les autres frelons.

– Mais il s’attaque aux abeilles pour qui il est un redoutable prédateur.

Une attaque de frelon sur une ruche, peut détruire 30% des abeilles.

– On connaît l’importance des abeilles pour l’homme : miel, mais surtout pollinisation d’un grand nombre d’espèces végétales.

 

D’où cette enquête lancée par l’ONEM

(Observatoire Naturaliste des Ecosystèmes Méditerranéens) 

 

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Pourquoi lancer cette enquête maintenant ?

Pour comprendre, il faut connaître, un peu le cycle de vie du frelon.

– Au printemps, les reines construisent un nouveau nid et commencent à pondre.

(Une reine par nid et donc par colonie)

– L’activité de la colonie grandit tout l’été avec une plus forte intensité en Septembre/Octobre.

– Au bout d’une année de vie, la colonie disparaît : tous les individus meurent sauf les jeunes reines fécondées.

– Le nid est vide.

– Les jeunes reines vont chercher un endroit abrité pour passer l’hiver : vieux troncs d’arbres, mais aussi cheminées, garages… et ceci jusqu’aux premières chaleurs où elles fonderont, à leur tour, leur colonie.

 

L’observation est donc plus facile en automne :

– On peut trouver des jeunes reines dans sa maison.

– Les arbres ayant perdu leurs feuilles, on peut mieux apercevoir les nids.

 

Si vous en trouvez :

– Prenez des photos pour une identification certaine.

– Envoyez-les ainsi que vos observations (lieu,quantité…) 

à

vespavelutina@onem-france.org

 

Le coing des gourmands

Souvenez-vous, au mois d’Avril, je vous parlais du cognassier.

 

 

 

 

Cognassier (Cydonia oblonga)

– Petit arbre qui s’est naturalisé dans le Midi de la france.

– Donne de gros fruits (les coings) en forme de poire, cotonneux.

– De saveur très âpre, ils sont utilisés pour faire de la pâte de coing.

– Partout, aux bords des chemins.

 

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Le voilà aujourd’hui, chargé de fruits.

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L’arbre n’étant pas traité, certains fruits sont tachés, 

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et même quelquefois « habités ».

– Comme le pommier et le poirier, il fait partie de la famille des Rosacées.

 

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 Un peu d’ histoire …

 

– Le cognassier est originaire du Proche-Orient ( Iran…)

– Il se répand rapidement dans tout le bassin méditerranéen.

– Son nom latin de Cydonia vient du grec Kydonia, soit « pomme de Kydonie », ville de Crête.

– Le fruit mûr est très odorant : les romains l’utilisaient pour parfumer leurs chambres et les salles de réunion.

Chez les Grecs, on le donnait souvent en offrande pour les mariages.

Savez-vous que la pomme d’or offerte à Aphrodite par Pâris était en réalité un coing ?

 

Mais c’est en cuisine qu’ils l’utilisaient le plus, gorgé de miel, ou en accompagnement du gibier.

 

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 De nos jours…

 

– Le coing est dur et âpre : pour cette raison, il ne se consomme que cuit .

Dommage, car la cuisson lui fait perdre une grosse partie de ses vitamines.

De plus, son âpreté nécessite l’ajout d’une grande quantité de sucre.

 

– Tout le monde connaît, la pâte de coing (la vraie, celle faite patiemment à la maison).

– On en ajoute souvent aux confitures pour son parfum et pour la grande quantité de pectine qu’il contient.

Mais, de plus en plus, on l’utilise dans la « nouvelle cuisine » salée/sucrée, en tranches fines passées au beurre et caramélisées.

* avec du foie gras frais poêlé,

* avec du gibier comme les romains,

 * avec du boudin,

* dans les tajines et les couscous

 

 Son goût s’accorde bien avec les épices : poivres, gingembre, coriandre…

choisis selon la viande accompagnée.

 

 

Durant ce mois d’Octobre, des « Fêtes du Coing » ont lieu un peu partout, en France.

La plus célèbre et la plus proche de chez nous, est celle de Cotignac, dans le Var,

 le Dimanche 23 Octobre.

(Au nord de Toulon, à mi-chemin entre Aix en Provence et Draguignan)

Au programme, vente de coings, pâtes de coings et autres confitures,

 mais surtout recettes et dégustations …

Si vous êtes dans le « coing » …

Bon appétit !

 


 


Sécheresse : une conséquence inattendue…

 

Avant de commencer mon blog, il y a maintenant 8 mois,

j’avais cherché des sujets d’intérêt, pour être sûre que j’avais quelque chose à dire…

Pour le mois d’Octobre, j’avais prévu de vous parler des champignons .

Car, malgré ce que l’on pourrait penser, il y a de très bons champignons en garrigue :

plusieurs variétés de bolets, d’agarics (rosés des prés), girolles, grisets … et ceci jusqu’aux gelées ;

et d’autres non comestibles, mais qu’il est utile de connaître.

Mais , qui dit champignons, dit pluies d’automne…

Sans pluies, pas de champignons …

 

Et voilà comment on tombe en panne d’inspiration !!!

 

A bientôt quand même .

Garrigue ou maquis ?

Le Pistachier térébinthe pousse en garrigue,

le Pistachier lentisque pousse plutôt dans le maquis …

Mais quelle est la différence entre « Garrigue » et « Maquis » ?

C’est la question qu’on me pose souvent.

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Garrigue ou Maquis ?

– Ces deux formations végétales sont caractéristiques du climat méditerranéen.

– Elles sont toutes les deux, le résultat de la dégradation d’une forêt.

Ces dégradations sont rarement naturelles (foudre, insectes ravageurs..).

Elles sont plus fréquemment dues à l’homme : élevage de chèvres, cultures, habitat, bois de chauffage, toujours précédées d’un incendie pour « nettoyer le terrain ».

 

Ces agressions répétées ne permettent plus aux grands arbres de se développer.

La forêt originelle se transforme petit à petit en buissons impénétrables. 

 

Mais alors, quelles sont les différences ?

 

– La principale vient de la nature du sol.

La garrigue occupe des terrains calcaires.

Le maquis se développe sur terrains siliceux.

 

– La deuxième vient du climat.

Celui de la zone garrigue est très aride.

Celui du maquis est plus humide.

 

*** 

Qui dit changement de sol, dit changement de végétation.

 

 Le mot « Garrigue » vient de « Garrigou » (Kar, Gar, Cal) qui signifie « pierre » ou « rocher ».

Les mots : Gard, karst, calanque, clapier, crau, ont la même origine, de même que le mot occitan « garric » qui désigne le chêne kermès.

 Le mot « Maquis » vient du corse « macchia » (tache) qui fait allusion aux couleurs du maquis.

***

La garrigue est un milieu ouvert, à végétation arbustive clairsemée, résultat de la dégradation des forêts de chênes verts, souvent remplacés par le chêne kermès.

 Le maquis est un milieu fermé, à végétation dense, résultat de la dégradation des forêts de chênes-liège, souvent remplacés par des arbustes épineux souvent impénétrables.

***

 Comparaisons

 

Depuis la création de ce blog, je vous parle des plantes de garrigue.

Normal ! C’est un blog « local » et Lédenon, en terrains calcaires, est entouré de garrigues.

Vous avez pû constater que malgré une apparence de « désert aride », la garrigue a une flore très riche.

Il suffit d’un peu de curiosité.

Il est à noter que la faune est aussi bien présente :

sangliers, lapins, renards, blaireaux, musaraignes, lérots, couleuvres, lézards, insectes et oiseaux (des petits passereaux : mésanges, chardonnerets…, guêpiers, tourterelles, perdrix rouges … aux rapaces diurnes et nocturnes, jusqu’à l’Aigle de Bonelli, qui, s’il ne niche pas sur Lédenon, vient quand même chasser sur « nos terres »).

***

 Pour le maquis, ce n’est pas du tout la même chose.

C’est un milieu fermé, où la lumière a beaucoup de mal à arriver jusqu’au sol.

Résultat, toutes les petites plantes qui ont besoin de la lumière pour se développer sont absentes.

 Le maquis est constitué de petits arbres et d’un sous-bois dense d’arbustes souvent épineux, rendant la zone impénétrable.

Les mammifères sont plutôt rares, seuls les sangliers osent s’y aventurer.

L’expression « prendre le maquis », (d’origine corse) explique bien ce que cela veut dire.

 

Flores caractéristiques

 

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Mais cela serait trop simple, car quelquefois les sols s’entremêlent, les végétaux s’adaptent …

Certains végétaux peuvent se rencontrer dans les deux formations .

L’arbousier, le ciste de Montpellier, la lavande papillon (ou stoechas), le romarin, tous sont présents à Lédenon (à la faveur de veines de sols différents), sans qu’on puisse parler de maquis.

Telle est la nature, surprenante, imprévisible, mais toujours belle .

 

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Le pistachier lentisque

L’autre pistachier sauvage :

le Pistachier lentisque (Pistacia lentiscus)

appelé aussi « arbre à mastic »

  

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C’est un arbrisseau persistant de 1 à 2 m de haut.

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Ses feuilles, petites, sont composées de folioles en nombre pair (3 à 6 paires),

fixées sur un pétiole large, muni sur toute sa longueur de petites ailes plates.

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Les petits fruits, en petite grappe serrée, sont d’abord verts …

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… rosés…

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… rouges et noirs à maturité.

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 Ils ont aussi des galles, comme le pistachier térébinthe.

 

C’est un arbrisseau qui préfère les terres siliceuses ou marneuses.

 On le trouve en région PACA et surtout dans le maquis corse.

 

Sa résine très odorante sert à faire « le mastic de Chio », utilisé en confiserie.

Si vous allez en Grèce ou en Turquie, on vous proposera des lookoums à la rose, à la menthe, mais aussi « saveur mastic », parfumés à la résine de pistachier lentisque.

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Comment les reconnaître ?

– Si vous êtes en hiver, aucun problème :

Le Pistachier térébinthe est caduque (il a perdu toutes ses feuilles).

Le Pistachier lentisque est persistant (les feuilles sont toujours présentes, juste un peu rougies par le froid).

– Si vous êtes en été, le plus simple est de comparer les feuilles. 

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                                                                                                                                                                      Pistachier térébinthe                Pistachier lentisque 

 

 

Plusieurs caractéristiques les différencient nettement :

1- la taille

                    – la feuille du pistachier térébinthe est beaucoup plus grande.

2 – le pétiole (la tige qui porte les folioles) :

                   – celui du térébinthe est fin, rond et lisse.

                   – celui du Pistachier lentisque est large, plat, avec deux petites ailes de chaque côté.

3 – Le nombre de folioles :

                    – Les folioles du pistachier térébinthe sont en nombre impair.

                    – Les folioles du pistachier lentisque sont en nombre pair.

 

J’espère que ces quelques détails vous permettront de les reconnaître .

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Pour compléter :

 

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                                                                                                                                                                             Pistachier térébinthe                 Pistachier lentisque                       Pistachier vera

( Dessins de la grande flore en couleurs de Gaston Bonnier)

 

 
 
 

Couleurs d’automne : le pistachier térébinthe

Un autre arbre qui apporte un peu de couleur aux garrigues, à l’automne :

le Pistachier térébinthe (Pistacia terebinthus)

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C’est un arbuste de 2 à 5 m de haut, à feuilles caduques.

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Au printemps, de gros bourgeons apparaissent sur les tiges nues.

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Les grappes florales, rouge foncé apparaissent avant les feuilles.

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Ses feuilles sont composées d’un nombre impair de folioles : de 2 à 4 « couples » de folioles, plus une foliole terminale.

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Les petits fruits sont nombreux, groupés en grosse grappe.

Ils sont d’abord rouges, puis brunâtres.

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Il est souvent envahi de pucerons qui provoquent des galles.

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C’est un arbre de garrigue, qui préfère les sols calcaires, chauds et ensoleillés.

 De son écorce très parfumée, on extrait une résine : la térébenthine.

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 A ne pas confondre avec le vrai pistachier (Pistacia vera), pistachier cultivé, qui produit les pistaches, que nous grignotons à l’apéritif.

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(Photos prises en Grèce/Ile de Santorin)

 

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Il existe un autre pistachier sauvage, que l’on trouve çà et là en Languedoc-Roussillon, en région PACA, mais surtout dans le maquis corse.

A suivre …