Une invasion de zonites …

C’est un nom bizarre …

pourtant ce ne sont que des escargots,

assez courants en garrigue .

Il a suffit d’une petite pluie, pour que mes plantes soient envahies par ces gros escargots :

l’Hélice peson (Zonites algirus)

Leur coquille peut atteindre 4 à 5 cm de diamètre,

leur pied est noir.

On l’appelle aussi “mange-merde”, car il se nourrit de tout : des plantes, bien sûr, mais aussi d’excréments, déjections , cadavres d’animaux …

Il est originaire d’Afrique du Nord

(d’où son nom Zonites algirus ou hélice d’Alger)

Les Romains l’auraient introduit en France …

pour être consommé …

Mon premier réflexe aurait été de les écraser … Mais non !

Car cet escargot est une espèce réglementée sur le plan national,

et fait l’objet d’une protection partielle par arrêté ministériel

Arrêté du 24 avril 1979 fixant la liste des escargots dont le ramassage et la cession à titre gratuit ou onéreux peuvent être interdits ou autorisés

Alors je les ai ramassés, et je suis allée les jeter, en garrigue,

loin, très loin de mon jardin …

Des nouvelles des chenilles de la scabieuse …

Souvenez-vous !

En Juin 2020, j’avais trouvé des chenilles sur une scabieuse .

En réalité elles étaient quatre , vertes, certaines tachées de rouge, et même une entièrement bordeaux.

Je n’avais jamais vu ces chenilles, ni cette année, ni avant …

Je les installais dans une boite transparente pour mieux les conserver, et je leur apportais des tiges et fleurs de scabieuses fraîches tous les jours.

Un matin, la plus foncée, s’est laissée tomber au fond de la boîte … Signe qu’elle cherchait à se mettre en chrysalide …

Je lui faisais rapidement une petite litière de feuilles de 2 cm environ d’épaisseur .

Ensuite, il faut savoir attendre quand on veut “espionner” des papillons …

Et ce n’est que vendredi dernier que le papillon est sorti !!!

C’est le Sphinx de la scabieuse !!!(ou Sphinx bourdon)

Il ressemble beaucoup au sphinx gazé, (ces chenilles vivent sur le chèvrefeuille)

Ce qui les différencie au premier coup d’oeil ? Les couleurs !

D’abord, les chenilles !

En haut : la chenille du Sphinx de la scabieuse

En bas : la chenille du Sphinx gazé.

***

Ensuite les imagos

En haut le sphinx de la scabieuse,

En bas le sphinx gazé, avec ses ailes bordées de rouge brique, ainsi que les bandes de sa ceinture abdominale … alors que chez le Sphinx de la scabieuse ( ou Sphinx bourdon) , le rouge brique est absent, laissant sa place au noir …

A bientôt !

Une naissance inattendue …

L’histoire commence au mois de Septembre …

Après un épisode de grand mistral,

le jardin ne ressemble plus à rien :

branches cassées, sol couvert de feuilles arrachées …

Un grand nettoyage s’impose !

Et là, sous mes arbousiers,

je remarque une petite chenille, agrippée à une feuille .

Verte, terminée par deux petites queues,

la tête portant deux petites cornes, aucun doute,

c’est une chenille de Pacha à deux queues ,

comme le montre cette photo d’une autre année.

Bien sûr je la sauve et je l’installe dans une boite transparente, dans la maison, où elle pourra grandir en sécurité.

Tous les jours, elle a ses feuilles fraîches …

Et elle grossit normalement …

Bientôt, elle est prête à se mettre en chrysalide …

D’abord verte,

puis transparente,

laissant deviner les couleurs du papillon.

***

Hier matin, la chrysalide était par terre dans la boîte…

Puis, dans l’après midi, le papillon est sorti …

Transporté dehors, sur un mur de la maison,

encore tout fripé,

il a besoin de longues minutes pour gonfler ses ailes,

vider son abdomen …

La nuit tombe, il fait froid et il commence à pleuvoir …

Nous décidons de le remettre dans sa boîte et de le rentrer à nouveau dans la maison …

Ce matin, il est en pleine forme, et nous le sortons dans les arbousiers …

Je ne sais pas s’il trouvera son double pour se reproduire,

mais pour le moment, il est heureux …

Et nous aussi !

Pacha à deux queues

(Charaxes jasius)

Coccinelle ? Vous avez dit coccinelle ?

Oui, mais laquelle ?

Vers la fin du mois de Mai, alors que je cherchais des oeufs de Pacha à deux queues ( Charaxes jasius ), superbe papillon dont la chenille ne se nourrit que de feuilles d’arbousiers, je remarquais cette petite coccinelle jaune à points noirs .

Oh, quelle était jolie, avec ses élytres couleur jaune d’oeuf, ornés de ses 19 points noirs et son thorax noir et blanc …

De plus, les larves de coccinelle mangent les pucerons …

J’étais ravie d’avoir trouvé une coccinelle que je n’avais jamais vue auparavant !

Déception !!!

De retour à la maison, je cherchais dans mes livres …

C’était une coccinelle asiatique …

Si ses larves sont effectivement très voraces, elles s’attaquent aussi aux autres coccinelles ainsi qu’à d’autres insectes.

Mais comment est-elle arrivée en France et en Europe ?

Dans des pots de fleurs, dans des fruits ???

C’est encore plus simple !

Connaissant sa voracité plus importante que nos “gentilles” coccinelles, et au nom de la lutte biologique, elles ont été tout simplement importées volontairement …

Chaque coccinelle asiatique peut pondre plus de 2000 oeufs dans sa vie.

L.es larves naissent au bout de 2 ou 3 jours.

Les adultes naissent après 4 ou 5 jours.

Et le cycle recommence …

Aujourd’hui, elle est devenue une espèce envahissante.

Elle existe aussi avec d’autres couleurs:

Orangée ou rouge avec une vingtaine de points noirs,

Noire avec 4 grosses taches rouges …

Voilà celle que j’ai trouvée la semaine dernière dans mon jardin …

Celle-là est noire avec deux grosses taches rouges

Coccinelle asiatique

(Harmonia axyridis)

Devinette … la réponse !

Souvenez-vous !

Personne n’a trouvé !!!

Seules, deux personnes ont tenté leur chance …

Sans résultat !

Pourtant, Marie-Claude n’était pas loin,

avec son histoire de crotte …

***

Des crottes, oui !

mais pourquoi ces petits saucissons blancs ?

Explications !

Chez les mammifères, on distingue plusieurs systèmes vitaux :

-le système intestinal

-le système urinaire

-le système génital

Chaque système a ses “voies de circulation” et son “orifice d’évacuation” …

Chez certains animaux comme les oiseaux, les reptiles …

il y a un seul orifice d’entrée (accouplement)

et de sortie (fèces, urine, oeufs)

C’est le cloaque !

Dans le cas des reptiles ,

comme ceux que l’on trouve en garrigue, bien sûr !

Serpents, Lézards, Tarentes … la partie noire des crottes correspond aux matières fécales, et la partie blanche à l’urine solidifiée …

Pour aller plus loin, il faut étudier les crottes en question …

D’abord, les mettre dans une coupelle d’eau, et les désintégrer avec une pince de laboratoire.

Ensuite les placer sous une loupe binoculaire

Pas de poils, pas d’os, pas de plumes …

Que des carapaces d’insectes, des pattes d’araignées,

des morceaux de perce-oreilles …

On peut éliminer les serpents et les lézards …

Voici la coupable !!!

Tarente de Maurétanie

(Tarentola mauritanica)

Ne la chassez pas, elle vous débarrassera des moustiques !

Elle peut se balader partout, même au plafond …

grâce à ses doigts couverts de lamelles adhésives…

Savez-vous que les ingénieurs n’ont rien inventé ???

Ils ont largement copié ce système

pour inventer les pneus-neige ???

L’aigle de Bonelli : rapace protégé .

Dans nos garrigues ( les Garrigues Basses de Lédenon), nous observons souvent des rapaces : Buse variable, Faucon crécerelle, Busard cendré, Milan noir, Milan royal, Circaète Jean-le-Blanc, et quelques rapaces nocturnes, que nous entendons mais que nous n’avons jamais pu prendre en photo …

La semaine dernière, nous avons vu ça !!!

(Je vous dis tout de suite, que les photos ne sont pas au top,

car très agrandies !!!)

Renseignements pris auprès de spécialistes,

il s’agit d’Aigles de Bonelli.

Le plus clair à ventre blanc étant un adulte,

et celui à ventre roux, un juvénile.

Nous savions que certains venaient chasser au-dessus des Garrigues Basses de Lédenon, mais nous n’en avions jamais vus de façon sûre.

Aigle de Bonelli (Aquila fasciata)

C’est une espèce menacée, qui niche autour de la Méditerranée, la France étant sa limite Nord de reproduction.

On le trouve en Rhône-Alpes, Provence-Alpes-Côte d’Azur et en Languedoc-Roussillon.

Il niche dans des escarpements rocheux (chez nous, dans les Gorges du Gardon), mais vient chasser en garrigue, où il trouve facilement, lapins, perdrix rouges , pigeons ramiers …

Actuellement, cette espèce bénéficie d’un troisième

“Plan National d’Actions” :

– Baguage des poussins,

– Surveillance des habitats,

-Limitation des dérangements des nids, (promenades, escalades, photos …)

-Limitation des modifications des paysages ( éoliennes, centrales solaires, défrichements …)

-Coordination de sa protection à l’échelle internationale

***

Espérons que ça marche !!!

Et que l’on puisse encore voir ce magnifique oiseau,

dans le ciel du Midi …

Une drôle de chenille …

Regardez ce que j’ai trouvé sur mes arbousiers !

Je l’avais déjà rencontrée, une autre année, sur un cotoneaster lacteus et une autre fois sur mes chênes verts.

Elle est curieuse avec ses rayures jaunes sur fond gris et sa tête orangée …

Mais le plus drôle, c’est sa façon de se déplacer …

Trois paires de pattes à l’avant, trois paires à l’arrière …

Pour se déplacer, elle accroche ses pattes avant sur une branche, et ramène ensuite ses pattes arrière …

et ainsi de suite…

Elle peut aussi, si elle se sent menacée,

se maintenir droite, fixée sur ses pattes arrière …

Elle se confond alors avec les branches de son support …

Cette façon de se déplacer ne vous rappelle rien ?

Vous n’avez jamais vu un géomètre mesurer un grand terrain avec une chaîne d’arpenteur ?

Non ? Il fait exactement pareil … Il pose sa chaîne d’arpenteur au sol, puis il ramène le bout au début … Il n’a qu’à compter le nombre de fois où il a déplacé sa chaîne et il connaît la longueur du terrain. Si sa chaîne mesure 20 m et qu’il l’a déplacée 4 fois, il sait que son terrain mesure 80 m.

Les biologistes n’ont pas trop cherché pour leur trouver un nom : ils ont appelé toutes les chenilles qui emploient ce système de déplacement …

des chenilles arpenteuses

et elles appartiennent à la famille des Geometridae

Amusant, non ?

Voilà sa chrysalide, colorée au début, presque noire ensuite …

Quant au papillon, je ne l’ai jamais vu sortir …

Il m’a fallu chercher sur internet pour voir à quoi il ressemblait …

Si vous vous intéressez aux papillons,

je vous recommande ce site

On y apprend, entre autres, que ce papillon pond des oeufs … verts …

Etrange, non ???

Naissances …

En nous promenant dans notre garrigue,

nous avons trouvé un nid, à environ 40 cm du sol, dans les broussailles, bien tapissé d’herbes sèches.

A l’intérieur : 3 oeufs, d’un gris légèrement bleuté, très pâle, taché de marques brunes plus importantes vers le bas …

A qui appartenaient ces oeufs ???

Pour le savoir, il fallait observer la venue de la femelle …

Observer de loin, faire des photos, avec un gros télé, sans faire de bruit, de peur de déranger la maman, qui pourrait alors abandonner sa couvée.

C’était le 14 Juin !

JF y est allé plusieurs fois, avec son appareil photo,

mais pas de changement apparent … Et puis, un jour …

Les bébés étaient nés : peau nue sans aucun duvet …

C’était le 27 Juin

Le lendemain, la maman était là !

En voyant son oeil cerclé de rouge brique,

j’ai su tout de suite que c’était elle, c’était sûr !

La Fauvette mélanocéphale !

Elle, qu’on avait vue tout l’hiver venir à la mangeoire.

Quelques jours après, les bébés avaient bien grossi et étaient couverts de petites plumes.

C’était le 5 Juillet …

Trois jours après, quand nous sommes retournés voir le nid …

Il était vide !!!

Bonne chance, les petits !!!

***

Voilà un montage de deux photos faites cet hiver .

C’est un mâle.

Corps gris, tête recouverte d’une calotte noire, gorge blanche.

La femelle est plus claire, dans des tons de brun.

Sa calotte est grise .

Mais toujours, aussi bien chez le mâle que chez la femelle, l’oeil cerclé de rouille.

Fauvette mélanocéphale

(Sylvia melanocephala)

Capture d’écran tirée du site

https://www.oiseaux.net

que je vous invite à utiliser .

Vous saurez tout sur les oiseaux, et même, vous pourrez écouter leur chant.

A bientôt !!!

Une plante des jardins …

D’abord, je vous rassure, tout va bien !

Mon seul problème ??? Des coupures d’électricité !!!

Souvent intempestives … Mais pas que …

On peut recevoir un SMS, nous avertissant “qu’en raison des travaux, l’électricité du village sera coupée de 10 h à 15h” … Vite, on fait les choses les plus urgentes et on part jardiner ou se promener …

Sauf qu’une fois rentrés, on s’aperçoit que l’électricité n’a pas du tout été coupée … GRRRR …

Aussi, j’avais prévu de faire cet article en plusieurs morceaux …

Comme je ne sais pas si j’aurais de l’électricité demain …

je vais tout faire d’un coup !!!

Je vous présente :

Lomelosia minoana

Derrière ce joli nom latin, se cache une scabieuse,

un peu améliorée par les pépiniéristes .

Chaque petite fleur sort d’un petit calice

qui ressemble à du papier …

Quand toutes les petites fleurs sont fanées,

il ne reste que des pompons en “papier”

Je l’ai achetée pour plusieurs raisons :

D’abord,

parce qu’elle me plaisait,

Ensuite,

parce qu’elle supporte la forte sécheresse de notre région,

Surtout,

parce qu’elle attire un grand nombre d’insectes et de papillons

Regardez plutôt !

Le Flambé (Iphiclides podalirius)

Le Citron de Provence (Gonepteryx cleopatra)

Le Machaon (Papilio machaon)

Le Myrtil (Maniola jurtina)

L’Ocellé rubané ( Pyronia bathseba)

Le Sylvain azuré (Limenitis reducta)

Plusieurs espèces de zygènes …

Et ma préférée : la Petite tortue ( Aglais urticae)

***

Et puis, il y a les insectes …

Abeilles, bourdons, xylocopes, agapanthe …

Et, une nouvelle que je n’avais jamais vue avant …

Enorme,

deux fois plus grosse qu’une abeille normale, (2 cm)

les dessins ne correspondent pas, non plus,

aux dessins d’un frelon asiatique …

Il nous a fallu demander à un ami spécialiste …

Voici sa réponse :

C’est facile !!!

(C’est sûr, quand on sait !!!)

C’est une Volucelle zonée !!!

(Volucella zonaria)

Elle pond près des nids de frelons, et de guêpes

et ses larves se nourrissent des déchets évacués des nids …

Ce n’est pas un Hyménoptère

comme les abeilles, guêpes ou frelons.

C’est un Diptère,

comme les mouches, les moustiques, les syrphes …

Voilà, vous savez tout …

Merci Jean-Marie !!!

Une petite bestiole des garrigues … pas si inoffensive que ça !

J’étais partie, les mains dans les poches,

juste pour chercher des petits oeufs du Pacha à deux queues,

magnifique papillon

dont les chenilles se nourrissent de feuilles d’arbousier.

Dans la nature,

on ne trouve pas toujours ce qu’on est allé chercher …

Mais, c’est comme une vieille publicité qui disait :

“Aux Galeries L…, il se passe toujours quelque chose …”

Et là, à mes pieds, sur un tapis de feuilles sèches …

Je l’ai vue !

Bien sûr, cette photo est ancienne,

ainsi que les deux suivantes,

vu que j’étais partie “les mains dans les poches “…

Le temps de retourner à la maison,

chercher une boîte transparente et l’appareil photo et hop ! Voici deux photos du jour !!!

Quand j’habitais dans l’Aude,

on l’appelait “la mouche espagnole ” ???

-Pourquoi mouche, puisque c’est un coléoptère

(et même pas un diptère),

-Pourquoi espagnole,

puisqu’il en a presque partout dans le monde :

Europe méridionale et centrale,

Asie, Afrique et même en Amérique …

Son autre nom courant est “la Cantharide”

et son nom scientifique “Lytta vesicatoria”.

Personnellement,

je la trouve très belle avec sa couleur vert métallisé,

et ses élytres d’un beau cuivré métallisé .

Belle, mais dangereuse !

***

Elle se nourrit des feuilles de certains arbustes à fleurs :

lilas, seringat, sureau …

comme bien d’autres insectes, me direz-vous …

Elle pond ses oeufs près des nids d’abeilles solitaires …

Les larves se nourrissent des oeufs, du pollen et du nectar… ça c’est déjà plus embêtant …

Dérangée, elle exsude un liquide jaunâtre,

d’une odeur d’oeuf pourri qui fera fuir tous ses prédateurs.

Ce liquide est chargé de cantharidine,

qui peut provoquer des brûlures sur la peau et les yeux …

Donc prudence !!!

***

Un petit plus !!!

La cantharidine est sensée être aphrodisiaque …

Depuis l’Antiquité,

les cantharides étaient ramassées, séchées, broyées …

La poudre obtenue servait à enrichir des pastilles, des dragées …

utilisées par Richelieu et Louis XV

lors de leurs fêtes galantes … pas pour eux,

mais pour les dames invitées

afin qu’elles cèdent plus rapidement à leurs désirs …

Autre utilisateur bien connu : le Marquis de Sade,

embastillé pour empoisonnement

après une de ses fêtes dont il avait le secret …

et où il avait largement dépassé la dose …

***

C’est bien de faire le blog !

J’apprends pleins de trucs que j’ignorais complètement !!!

***

Chic ! JF a fini sa sieste …

Il m’a fait deux belles photos …

Dangereuse, mais belle !!!